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Une scintigraphie cardiaque

Plusieurs types de scintigraphies « cardiaques » sont fréquemment réalisées lors d’un bilan cardiologique : d’une part les scintigraphies de perfusion myocardique, effectuées soit à l’effort, soit au repos, et d’autre part les ventriculographies isotopiques. Ces différents examens scintigraphiques visent à répondre à des questions cliniques très différentes et se déroulent en pratique de manières tout à fait différentes.

La scintigraphie de perfusion myocardique à l’effort

Le cœur est la pompe qui fait circuler le sang dans l’ensemble de l’organisme. Pour pouvoir effectuer ce travail, la paroi musculaire du cœur doit elle-même être approvisionnée par un réseau d’artères qu’on appelle le « réseau coronaire ».

De nombreux problèmes cardiaques sont la conséquence d’une diminution du flux sanguin dans le réseau coronaire : ainsi un rétrécissement d’une artère du réseau coronaire peut provoquer une souffrance du muscle cardiaque notamment lorsque ses besoins en oxygène augmentent (ischémie ou angine d’effort).
Une obstruction brutale d’une artère du réseau coronaire provoque quant à elle, si elle persiste suffisamment longtemps, la nécrose (= mort) d’une partie du muscle cardiaque (infarctus).

Le but de la scintigraphie de perfusion myocardique à l’effort est de mesurer le flux sanguin dans le réseau coronaire au cours de l’effort.

La scintigraphie de perfusion myocardique à l’effort est notamment indiquée pour :

- Etablir le diagnostic initial de maladie coronarienne (atteinte du réseau coronaire) et sélectionner les patients chez qui des procédures invasives telles que la coronarographie sont nécessaires.

- Localiser et démontrer l’ischémie, c'est-à-dire les répercussions hémodynamiques d’un rétrécissement précédemment documenté (CT-scan ou coronarographie) d’une artère coronaire et ainsi déterminer si un bénéfice peut être attendu d’une correction de ce rétrécissement par dilatation ou par pontage.
Etablir le risque d’accidents cardiaques chez des patients présentant des facteurs de risque, en particulier avant une intervention chirurgicale.

- L’examen requiert l’injection par voie intraveineuse d’un traceur radioactif qui se fixe dans les différentes parties du muscle cardiaque proportionnellement au flux sanguin local. L’injection du radiotraceur se fait au maximum d’un effort, le plus souvent sur bicyclette.

L’effort se déroule sous la surveillance du cardiologue avec contrôle de la tension artérielle et enregistrement continu de l’électrocardiogramme. L’épreuve d’effort en tant que telle dure +/- 15 à 30 minutes. Le radiotraceur utilisé n’a aucun effet secondaire mais ne peut être injecté chez la femme enceinte (ou possiblement enceinte).

Dans certains cas, notamment après un infarctus ou lorsque le patient n’est pas en mesure d’effectuer un effort suffisant sur bicyclette (impotence, douleur dans les membres inférieurs, …), l’effort sur le vélo est remplacé par un « test pharmacologique » : au lieu de faire pédaler le patient, on lui administre avant l’injection du radiotraceur, un médicament qui mime certains effets de l’effort sur le réseau coronaire. Le test pharmacologique dure lui aussi +/- 20 minutes.

Un délai de 30 à 90 minutes est généralement respecté entre la fin de l’effort (ou du test pharmacologique) et l’acquisition des images scintigraphiques.
Pendant ce délai, on demandera parfois au patient de prendre un repas léger de manière à accélérer l’élimination digestive du radiotraceur.

L’acquisition des images scintigraphiques se fait grâce à une gamma-caméra ; elle dure généralement de 15 à 30 minutes pendant lesquelles il est important de rester aussi immobile que possible. Souvent, l’acquisition des images se fera avec enregistrement simultané du rythme cardiaque, pour évaluer simultanément la fonction globale du cœur (c'est-à-dire l’efficience de la pompe).

Après l’acquisition des images scintigraphiques, on demandera parfois au patient de patienter encore une dizaine de minutes, pour vérifier la qualité des images. Un rendez-vous sera fixé pour un examen comparatif au repos (cfr ci-dessous) si une anomalie même mineure est documentée sur les images obtenues après l’effort.

Ce que vous devez savoir si vous allez passer une scintigraphie de perfusion myocardique à l’effort :

En prenant rendez-vous, avoir à portée de main la liste de vos médicaments
Préparation avant l’examen :

- Respecter les consignes données pour l’arrêt de certains médicaments, parfois 24 voire 48 heures avant l’examen
- Ne pas prendre de thé, de café, de coca, de banane 24 heures avant l’examen


Le jour de l’examen :

- Il ne faut pas être à jeun mais il est préférable de ne pas prendre un repas trop copieux avant l’examen
Pas de tabac
- Habillez-vous de manière confortable pour pouvoir effectuer l’effort sur bicyclette dans les meilleures conditions ; munissez-vous éventuellement d’un petit essuie main
- Signalez dès votre arrivée la possibilité d’une grossesse
- Prévoyez une durée totale (effort+acquisition des images) de +/-2h30
- Prévoyez éventuellement une collation à prendre au cours du délai qui précède la réalisation des images

La scintigraphie de perfusion myocardique au repos

Le but de cet examen est de mesurer le flux sanguin dans le réseau coronaire (cfr ci-dessus) au repos.

La scintigraphie de perfusion myocardique au repos est notamment indiquée :
Après un examen à l’effort anormal, pour établir la nature d’un déficit de perfusion myocardique documenté à l’effort : si ce déficit se retrouve inchangé au repos, il s’agit généralement d’une séquelle d’infarctus.
En revanche une amélioration du déficit au repos traduit le plus souvent une ischémie myocardique à l’effort (souffrance du muscle cardiaque induite par une atteinte du réseau coronaire avec réduction du flux sanguin coronaire à l’effort).
Après un infarctus du myocarde, pour en préciser l’étendue et établir un pronostic ;
Pour prédire si un geste de revascularisation par dilatation ou pontage est susceptible d’améliorer la fonction du muscle cardiaque lorsque celle-ci est altérée en présence d’une atteinte du réseau coronaire (étude de la « viabilité » du myocarde).

L’examen requiert l’injection, au repos, par voie intraveineuse d’un traceur radioactif qui se fixe dans les différentes parties du muscle cardiaque proportionnellement au flux sanguin local. Il s’agit du même radiotraceur que celui utilisé pour la scintigraphie à l’effort ; seules changent les conditions d’injection. Ce radiotraceur n’a aucun effet secondaire mais ne peut être injecté chez la femme enceinte (ou possiblement enceinte).

Le délai entre l’injection au repos et la réalisation des images, et les modalités d’acquisition des images sont les mêmes que pour l’examen à l’effort (cfr supra).

Ce que vous devez savoir si vous allez passer une scintigraphie de perfusion myocardique au repos :

Préparation avant l’examen :
Généralement aucune

Le jour de l’examen :

- Il ne faut pas être à jeun mais il est préférable de ne pas prendre un repas trop copieux avant l’examen.
- Signalez dès votre arrivée la possibilité d’une grossesse
- Prévoyez une durée totale de +/-2h
- Prévoyez éventuellement une collation à prendre au cours du délai qui précède la réalisation des images

La venticulographie isotopique

Cet examen est destiné à évaluer de manière précise et hautement reproductible la fonction cardiaque, c’est-à-dire la manière dont le cœur remplit son rôle de pompe.

Cet examen nécessite deux injections intraveineuses (à +/- 20 minutes d’intervalle) destinées à fixer un radiotraceur sur les globules rouges du sang, puis l’enregistrement par la gamma-caméra d’images cardiaques synchronisées à l’électrocardiogramme.

Le radiotraceur n’a aucun effet secondaire mais ne peut être injecté chez la femme enceinte (ou possiblement enceinte). Aucune préparation particulière n’est nécessaire ; il ne faut pas être à jeun. La durée totale de l’examen est d’approximativement une heure.